Combattante

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Catherine Dupont, 51 ans mais presque deux vies. Un avant et un après handicap qui lui a permis de s’affirmer. 

Petite femme mais fort caractère, surement dû à ses origines auvergnates. Depuis son plus jeune âge, elle est têtue, et veut son indépendance. Alors que ses parents l’obligent à faire de la danse, elle râle. « Ma mère traînait son petit éléphant rose dans les rues ». Toujours le mot pour faire rire. Puis elle décide d’essayer d’autres sports, moins gracieux : le basket, le ping-pong, le badminton. Mais ceci n’est pas assez extrême. Elle descend dans le Sud Ouest, rejoindre une amie, et décide de sauter le pas… dans le vide. Le parachutisme, c’est ce qu’elle aime : « une véritable sensation de liberté ». Pendant des années et des centaines de sauts, Catherine se fait plaisir.

Le 2 mai 1987, tout va changer. « Le parachute s’est mal ouvert, et s’en ait suivi un enchainement de mauvaises actions ». L’accident était inévitable. Poignet cassé mais surtout colonne vertébrale et moelle épinière touchées. Elle a été très vite emmenée et prise en charge à l’hôpital : « On m’a opéré 48 heures après pour me greffer une vertèbre lombaire ». Mais la moelle épinière ne s’opère pas, ce qui génère la paralysie de certains muscles. «6 semaines à plat dos, puis 6 mois dans un centre de rééducation ». Battante, et même combattante, la jeune femme décide de lâcher le fauteuil roulant qui lui était destiné pour « voler des cannes et essayer de marcher ». Ces cannes lui ont permis de prendre sa vie en main, et de prétendre à une vie « la plus normale possible ». D’un aspect extérieur, l’handicap est là, puisque les difficultés pour marcher existent, mais sinon non. « Dans ma tête, je ne suis pas handicapée ».

C’est d’ailleurs dans cet esprit là, de combat, qu’elle reprend ses études après une pause d’un an. Des études prometteuses, puisqu’elle obtient un doctorat en Chimie-Physique. Très exigeante avec elle-même, organisée et déterminée, la quinquagénaire devient Responsable Laboratoire et caractérisation des Matériaux chez Alcatel-Lucent. « Je gagne bien ma vie, et j’aime ce que je fais ».

Le plus difficile a été d’arrêter le parachutisme. Une de ces devises étant : « Quand on est tombé, il faut toujours remonter ». Seulement le handicap l’empêche de sauter seule ; faire les choses à moitié cela ne lui convient pas. Elle décide alors de ce lancer dans l’aviation. « Puisque je ne peux pas sauter d’un avion, autant le piloter ». En 1989, brevet de pilote privé en poche, elle survole le Sud Ouest afin de retrouver cette « sensation de liberté ».

L’arrivée de ces deux filles va freiner cette passion. Maintenant, son rôle de mère prend le dessus, en plus de ses nouvelles activités. Manager de l’Equipe Première Féminine du Racing Club de France de Hockey sur Gazon où joue sa fille cadette, depuis un an. Elle prend son rôle très à cœur, et est devenue « une deuxième maman » pour les filles de l’Equipe, et un bras droit pour la coach. Conseillère municipale de Fontenay-les-Briis, elle s’occupe du cadre de vie et des espaces verts de la commune. Elle œuvre au bien de cette petite ville, et s’assure de connaître toutes les histoires croustillantes. Celles-ci qui permettent d’alimenter les conversations entre copines du mardi soir, tout en peignant ou en faisant du modelage.

 

Sa force et son humour lui permettent de ne pas perdre le moral, et d’arriver à affronter tous les problèmes de la vie, même le handicap. « Tête en l’air, mais pied sur terre » telle est sa devise désormais.

2 Commentaires

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  1. 2
    Bastien CARULLA

    Beau récit, j’ai pu apprécier ce désir de liberté et la détermination de ta mère tout au long de l’article. Catherine est vraiment une femme exceptionelle!

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