« Avant de demander aux joueurs de foot d’être exemplaire, il faut l’être »

Nous avons accueilli au sein de la classe… Nabil Djellit. Journaliste à France Football, à l’Equipe du soir, à l’Equipe type, sur RFI et sur Europe 1 : autant dire qu’il est plurimédia.

 

« J’ai construit mon histoire ». Une carrière qui s’avère bien remplit aujourd’hui. N’étant pas passé par la case école de journalisme, il entre par un des plus bas échelons du journal France Football : « les cuisines », c’est-à-dire les résultats. Il persévère et épate par sa connaissance en Football africain : « c’est une porte d’entrée sinon je n’y serai jamais arrivé ».

 

Cette porte d’entrée s’ouvre alors, et il arrive à se rendre indispensable. Son caractère impitoyable et sa primeur sur les informations le rende célèbre : « J’ai deux règles : partout où je suis, je suis toujours au taquet, et si ce n’est pas moi, c’est un autre, donc je préfère que ça soit moi ! ». Connu pour dire toujours ce qu’il pense, il estime aujourd’hui que ceci lui a servit pour avancer et devenir une personnalité footballistique incontournable, « faut rester soit même ! ».

 

Il revient aussi sur le monde du journalisme sportif et plus précisément celui du football, « le milieu du foot c’est de la magouille ». Après avoir sorti un article concernant Messi et son voyage au Gabon, il pose un regard différent : « si vous fouillez là-dedans vous vous coupez des contacts, et tu as besoin de ses mecs là pour vivre. Donc tout le monde se tient ». Et voilà que le débat dérive sur le manque d’indépendance des médias, plus particulièrement du quotidien l’Equipe.

 

Par ailleurs, nous avons parlé de l’évolution du métier de journaliste sportif. « Pendant longtemps les journalistes ce n’étaient qu’une signature, maintenant avec l’image donnée par la télévision c’est différent ». Une image de plus en plus prohibée qui a pour but de mettre en avant le consultant, des fois même plus que le sportif : « vouloir exister à travers ce que tu es, alors que normalement c’est exister à travers ce que tu dis des sportifs ». Le football étant un sport de passion, les journalistes, par cette méthode, sont plus exposés et donc critiqués sur les réseaux sociaux notamment. Nabil Djellit, lui, a décidé d’ignorer ses critiques même si elles peuvent s’avérer violentes parfois : « Les insultes et les critiques, ça fait parti du jeu, c’est comme ça ». S’il décide de montrer une image pas trop provocante sur les réseaux sociaux, en s’interdisant de parler de politique par exemple, par manque de légitimité peut être, « Je n’ai pas envie de déborder, de susciter des débats avec des gens avec qui je ne serai jamais d’accord ». Il conclut alors : « Avant de demander aux joueurs de foot d’être exemplaire, il faut l’être ».

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