Alexis Contin, le deux en un

Version maquetté : Alexis Contin

Alexis Contin est un sportif de haut niveau, originaire de Saint-Malo, au parcours atypique : il pratique à la fois le roller et le patinage de vitesse. Deux sports pour un seul homme qui se partage entre saison estivale et saison hivernale.

Regard aiguisé, cheveux bouclés blonds dissimulés sous sa combinaison, Alexis Contin est un athlète français hors du commun. C’est l’histoire d’un enfant de 4 ans qui découvre le roller de vitesse, «c’était mon premier sport et j’ai accroché tout de suite». Il enchaîne les compétitions et devient rapidement le meilleur de la discipline, puisqu’il remporte sa première médaille d’or à l’âge de 17 ans, la première d’une série de douze titres mondiaux, pendant les championnats du monde au Venezuela. Durant cette compétition il remportera aussi trois autres médailles d’argent. Mais, le rêve de la petite tête blonde c’est de faire les Jeux olympiques, le Graal pour tout athlète, et le roller de vitesse n’y est pas. Ambitieux, il décide de partir au Pays-Bas, découvrir l’homologue de la discipline à 19 ans : le patinage de vitesse.

12 ans plus tard et deux olympiades à son actif (Vancouver en 2010 et Sotchi en 2014), Alexis Contin pourrait raccrocher les patins après Pyeongchang, en février prochain. Mais avec déjà un autre objectif en tête : «Le roller à la possibilité d’intégrer les Jeux olympiques à Paris en 2024, et si c’est le cas, je ne pourrais m’empêcher d’essayer de me qualifier».

Non-prioritaire, le roller prend quand même une énorme place dans la vie du breton : «C’est un peu difficile parfois d’avoir deux gros objectifs dans la saison, il faut forcément en sacrifier un, au moins un petit peu. La saison estivale a été un peu mise de côté, car mon but, cette année, c’est vraiment d’être prêt en février». Et l’objectif est simple : être champion olympique. Impossible tout de même de mettre son sport d’origine de côté, il participe, en août dernier, aux premiers World Roller Games à Nankin en Chine où il remporte deux médailles d’argent. Une compétition importante aussi bien pour le sport, car elle a réuni plus de 4000 athlètes, du jamais-vu, que pour son entraînement pré olympique : «J’aurais pu être un peu plus fort, mais je suis content. C’était surtout une étape parfaite pour ma préparation, pour valider un chemin de performance, et on peut dire qu’il a été rempli».

Une préparation affûtée depuis mars dernier, entre la France, l’Allemagne et les Etats-Unis. «Après les deux mondiaux en Europe, maintenant place à celle du continent nord-américain. Après je resterai là, pour m’entraîner sur la grande patinoire de Salt Lake City», la dernière étape avant la Corée du Sud.

Une histoire olympique à demi-mesure

Serein pour ces prochains Jeux olympiques, cela n’a pas toujours été le cas. 2014, quelques mois avant les Jeux de Sotchi, une nouvelle va lui mettre des bâtons les roues : l’annonce de sa maladie de Basedow. Une maladie auto-immune rare qui touche la thyroïde, elle concerne seulement 1% de la population. «Cela m’a empêché de performer car j’étais gravement malade». Il terminera 8ème à la poursuite par équipe.

Il y a un an, il fait une rechute. La question ne se pose plus, il est temps de subir l’opération qu’il redoutait tant : l’ablation de la thyroïde. Un lourd acte chirurgical aux conséquences heureuses : «Depuis cette opération les choses vont beaucoup mieux, et je me sens bien pour ses Jeux olympiques». Combatif il s’est rapidement remis sur pied et participe, deux mois après la sortie de son lit d’hôpital, aux mondiaux de roller à Gangneung, en Corée du Sud. Après une petite 10ème place sur le 5000m, il performe et obtient la médaille d’argent sur le 10 km. Une belle revanche sur la vie qui réserve à Alexis Contin encore beaucoup de kilomètres à parcourir, avec l’espoir de créer son plus beau souvenir en remportant l’or olympique en février prochain.

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